The City, le quartier financier de Londres, a lancé une campagne de lutte contre les fake-news et la désinformation qui menace la réputation de l’un des centres financiers les plus prestigieux au monde.
Selon le Financial Times, quotidien des milieux des affaires, les dirigeants du Square Mile, surnom de la City où sont basées la bourse de Londres, les grandes banques et compagnies d’assurances et autres services financiers, ont appelé les banquiers, les avocats et les différents opérateurs financiers à s’engager dans une campagne de lutte contre la désinformation qui vise, selon eux, à porter atteinte à l’image de la City.
Cette campagne intervient dans un contexte de forte hausse des publications sur les réseaux sociaux diffusant de fausses informations ou des informations trompeuses, alimentant des récits fallacieux sur la sécurité dans le pays, indique le FT, citant parmi ces informations l’idée que Londres serait devenue « dangereuse et livrée à l’anarchie ».
Le gouvernement, la police et des experts en cybersécurité ont déjà exprimé leur inquiétude face à la propagation de la désinformation, mais la City entre désormais en action sur fond de craintes quant à l’impact de la prolifération de contenus négatifs sur les réseaux sociaux sur la perception des investisseurs étrangers au Royaume-Uni, poursuit le journal.
Lors d’une récente réunion à Mansion House, siège du Lord Maire de la City, des directeurs généraux de certaines banques internationales ont fait part de leurs préoccupations concernant la criminalité à Londres et se sont interrogés sur le fait de savoir si la ville restait un lieu sûr et accueillant pour les affaires, relève la publication.
Citée par le FT, Dame Susan Langley, Lord-maire de la City, a indiqué qu’elle utiliserait son pouvoir pour corriger la désinformation et qu’elle exhortait les dirigeants, les banquiers et les avocats à combattre activement ces contre-vérités lors de leurs rencontres avec des investisseurs et des partenaires étrangers.
La campagne visant à encourager la City à jouer un rôle actif dans la correction des fausses informations sur Londres comprendra la diffusion de messages et d’éléments de langage clés que les dirigeants pourront utiliser lors de leurs réunions.« Nous devons repousser fermement la désinformation et être beaucoup plus proactifs dans le récit porté par la City », a souligné la Lord-Maire.« Il n’est pas juste que notre position soit injustement affaiblie sur la scène internationale. Londres est un leader mondial, et les statistiques montrent qu’elle est l’un des endroits les plus sûrs et les plus attractifs au monde pour investir, travailler et vivre », a-t-elle ajouté, soulignant que la City ainsi que les secteurs des services financiers et professionnels « doivent raconter l’histoire de notre réussite, de notre stabilité et de notre innovation. »
Les principales plateformes de réseaux sociaux ont été utilisées pour diffuser de fausses informations selon lesquelles Londres serait tombée dans l’anarchie, avec des vidéos truquées générées par l’IA donnant l’impression que des citoyens inquiets partagent des récits de criminalité, rappelle le FT.
Par ailleurs, Emily Thornberry, présidente de la commission des affaires étrangères de la Chambre des communes, chambre basse du parlement britannique, a déclaré la semaine dernière qu’il semblait y avoir « une forme d’attaque organisée visant à saper notre capitale ».Le FT souligne que le gouvernement britannique a commencé à prendre au sérieux les risques liés à la désinformation en tant qu’outil utilisé par des acteurs étatiques et non étatiques malveillants.
La publication cite, dans ce contexte, Stephen Doughty, ministre au Foreign Office, qui a mis en garde, lors d’une audition aux Communes, qu’il existait une « prolifération d’armées inondant les réseaux sociaux de mensonges, de vidéos truquées et de faux sites d’information ».
Qualifiant la vague de « guerre de l’information », le responsable a précisé que le gouvernement se concentrait désormais sur ce qu’il appelle des « usines à propagande ».
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