Le Cambodge a annoncé samedi la suspension de l'ensemble des passages frontaliers avec la Thaïlande, après plusieurs jours d'affrontements entre les deux pays voisins qui ont fait au moins 25 morts et contraint des centaines de milliers de personnes à fuir des deux côtés de la frontière.
Les combats ont repris lundi dernier le long de la frontière commune, longue d'environ 800 kilomètres, après un premier épisode de violences survenu en juillet. Les deux pays, membres de l'Association des nations de l'Asie du Sud-Est (ASEAN), s'accusent mutuellement d'avoir déclenché cette nouvelle phase de tensions.
Dans un communiqué, le ministère cambodgien de l'Intérieur a indiqué que "le gouvernement royal du Cambodge a décidé de suspendre tous les mouvements d'entrée et de sortie à l'ensemble des points de passage de la frontière Cambodge/Thaïlande, avec effet immédiat et jusqu'à nouvel ordre".
Le ministère cambodgien de la Défense a affirmé que l'aviation thaïlandaise avait utilisé deux avions de combat F-16 pour larguer sept bombes sur plusieurs cibles.
Selon le ministre de l'Information, Neth Pheaktra, la Thaïlande "a élargi ses attaques pour inclure des infrastructures civiles et des civils cambodgiens".
Pour sa part, le ministère thaïlandais de la Défense a annoncé, samedi, la mort de quatre soldats supplémentaires, portant à 14 le nombre de militaires thaïlandais tués depuis la reprise des combats. L’armée thaïlandaise a également fait état de six civils blessés par des tirs de roquettes attribués aux forces cambodgiennes.
Ces affrontements sont les plus meurtriers depuis les cinq jours de combats de juillet qui avaient fait au moins 48 morts et 300.000 déplacés. Ils mettent à mal l'accord de cessez-le-feu signé entre les deux pays le 26 octobre en marge du sommet de l'Association des nations de l'Asie du Sud-Est (ASEAN) sous l'égide du président américain Donald Trump et du Premier ministre malaisien Anwar Ibrahim.
Bangkok a confirmé la poursuite de ses opérations militaires. "La Thaïlande continuera à mener des actions militaires jusqu'à ce que nous estimions que notre territoire et notre peuple ne sont plus menacés", a déclaré le Premier ministre thaïlandais Anutin Charnvirakul.
Il a assuré devant des journalistes que le président américain Donald Trump n'avait "pas indiqué si nous devions instaurer un cessez-le-feu" lors d'un appel vendredi visant à mettre fin aux derniers combats, ajoutant qu'ils "n'en ont pas discuté".
Ces déclarations interviennent après que Donald Trump a affirmé, vendredi, que Bangkok et Phnom Penh avaient accepté de cesser les hostilités.
Medi1news - Map